En 2025, les Comores font face à une hausse préoccupante des cas de VIH/Sida. Depuis janvier, 56 nouveaux cas ont été enregistrés, contre seulement 36 pour toute l’année 2024. Cette progression alarmante s’accompagne de drames humains : le 3 septembre dernier, un patient est décédé des suites d’un diagnostic tardif, portant à quatre le nombre de décès liés au Sida depuis le début de l’année.
Le docteur Mohamed Abdourazak, médecin référent VIH/Sida, confirme l’information : « Il a d’abord été admis aux urgences d’El-Maarouf avant d’être hospitalisé dans un autre service ». Pour lui, ce décès aurait pu être évité grâce à un dépistage précoce. Il rappelle que la prise en charge est gratuite aux Comores et que, grâce à la trithérapie, l’espérance de vie des malades s’est considérablement améliorée.
Aujourd’hui, environ 130 personnes sont suivies dans le cadre du programme national, dont le plus âgé a 70 ans. Depuis l’apparition de la maladie dans le pays en 1988, 374 cas ont été recensés, dont 86 décès.
Un recul de la prévention
Selon le spécialiste, l’une des principales raisons de cette flambée est l’affaiblissement des actions de prévention. Les campagnes de sensibilisation et les affiches d’information ont disparu des grandes villes, réduisant l’impact sur la population. « Jusqu’en 2019, on ne dépistait qu’une dizaine de cas par an. Depuis, les chiffres ne cessent de grimper », alerte le médecin.
Cette situation s’explique aussi par un recul des financements internationaux. Le Fonds mondial, principal partenaire du programme, a demandé de concentrer les ressources sur les populations à risque, réduisant ainsi le dépistage volontaire pour le grand public.
La mobilité comme facteur aggravant
Un autre facteur mis en avant par les spécialistes est la mobilité croissante des Comoriens vers des pays voisins où la prévalence du VIH est plus élevée. Ce phénomène accroît le risque d’importation et de propagation de la maladie. Face à cela, le docteur Abdourazak insiste sur la nécessité d’un retour aux campagnes de prévention et d’un usage systématique des préservatifs. « Le Sida n’est pas une fatalité. La prévention, le dépistage et le traitement précoce restent nos meilleures armes », conclut-il.
Said Hassan Oumouri


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