En ce moment

Vaut mieux tard que jamais : les Comores, avec l’aide de Huawei, orientent des étudiants vers les métiers du développement informatique

 

Les Comores veulent former leurs propres développeurs. La phase pilote du Technopôle numérique a été lancée jeudi au Palais du peuple, en présence de plusieurs membres du gouvernement et d’étudiants de l’Institut universitaire de technologie.

L’objectif est clair : créer un vivier de compétences locales capables de concevoir des solutions adaptées aux réalités du pays, plutôt que d’importer systématiquement des technologies étrangères.

« Pour un pays insulaire comme le nôtre, le numérique est une réponse stratégique aux défis du désenclavement et de l’efficacité administrative », a déclaré le ministre des Télécommunications, Oumouri Mmadi Hassani.

Le projet est soutenu par Huawei.Une avancée positive, mais tardive

Orienter des étudiants vers le développement informatique constitue une avancée importante. Le codage a permis à de nombreux pays de franchir des étapes décisives de leur développement économique et technologique. L’exemple du Kenya, aujourd’hui très avancé dans le domaine du numérique et de l’innovation technologique, illustre bien ce potentiel.

Cependant, une question essentielle se pose : cette initiative s’inscrit-elle dans une vision politique structurée à moyen et long terme, ou s’agit-il simplement d’un programme ponctuel, dépendant d’un financement extérieur ?

Si l’effort s’arrête à la fin du soutien de Huawei, le risque est grand que cette action reste symbolique, sans impact durable sur l’écosystème numérique national.

Le véritable enjeu dépasse déjà le simple développement informatique

Le contexte mondial a profondément évolué. Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus seulement de former des développeurs informatiques généralistes. Nous sommes entrés de plain-pied dans l’ère de l’intelligence artificielle, qui transforme en profondeur les métiers du numérique.

De nouveaux profils émergent, tandis que certaines fonctions traditionnelles du développement informatique sont appelées à se transformer, voire à disparaître, dans les dix prochaines années. Les intelligences artificielles sont désormais capables de générer du code de manière autonome, réduisant le besoin en programmation classique.

Former des experts stratégiques, pas seulement des codeurs

Cela ne signifie pas que les Comores n’ont plus besoin de développeurs. Bien au contraire. Mais le pays a surtout besoin de développeurs spécialisés, capables de travailler avec l’intelligence artificielle et de concevoir des solutions adaptées aux besoins locaux.

La tendance mondiale n’est plus de former massivement des développeurs généralistes, mais de former des profils capables de créer des modèles d’IA spécialisés, notamment pour :

la santé et les hôpitaux,l’éducation,l’administration publique, l’agriculture,la gestion de l’eau, de l’énergie et des données nationales.

L’intelligence artificielle comme levier de développement

Il n’y a pas de développement sans levier stratégique. Aujourd’hui, ce levier est clairement l’intelligence artificielle.

Utilisée de manière intelligente et souveraine, elle peut permettre à l’économie comorienne de réaliser des économies considérables, d’améliorer l’efficacité de l’État et d’accélérer le développement dans presque tous les secteurs.

À condition de ne pas se tromper de temporalité. Les enjeux du numérique évoluent très rapidement. Les Comores ne peuvent plus se permettre de former pour les besoins d’hier.

L’enjeu est désormais de former pour les défis de demain, en faisant du numérique et de l’intelligence artificielle de véritables outils de transformation nationale.

ANTUF Chaharane 

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


error: Content is protected !!