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Un appel au dialogue qui n’est qu’un mépris de plus exercé par la dictature à l’égard de l’opposition

Tribune: Un appel au Dialogue qui n’est qu’un Mépris de plus exercé par la Dictature à l’égard de l’Opposition, alors que l’Union Africaine affiche une certaine Complicité gravissime. Je n’ai pas changé et ne changerai jamais, c’est ce qu’on a pu entendre ou comprendre de la part du colonel Assoumani Azali, devant des journalistes qui l’ont interrogé après son entretien avec la délégation de l’UA qui venait de lui restituer les résultats des travaux de leur mission aux Comores suite à l’appel au dialogue qu’il a lui même ironiquement lancé.

Pour quel intérêt mépriser ses compatriotes au point de provoquer une situation
de crise gravissime ?
Par quel moyen le colonel Azali pense qu’il parviendra à tromper une énième fois les Comoriens ?
Comment lancer un appel à un dialogue inclusif et laisser s’abattre une pluie de décrets sur le toit du palais présidentiel de Beit Salam ?
A toutes ces interrogations légitimes, les Comoriens aimeraient et méritent même obtenir des réponses claires.
Pourquoi pratiquer une telle politique de la terre brûlée ?

Si le colonel a pris conscience qu’il doit partir, qu’il se rende à la raison en traitant ses compatriotes avec bien des égards.
Que je sache, l’arrogance, l’intolérance, le mépris et l’autosuffisance n’ont été observés chez aucun Imam dans l’histoire de la tradition musulmane.
Concomitamment à cela, dans la tradition musulmane, les Imams (Ahmad, Chaafii, Abou Hanifa et Maalik) se sont bien sûr distingués par leur courant de pensée respective, mais n’avaient en dépit de leurs différences de point de vue, qu’un seul et unique but : tous se dirigeaient vers DIEU.
Qu’est-ce que nous constatons chez nous en Union des Comores? Alors que nous appartenons à la même communauté nationale, si vous exprimez une opinion différente de celle de ceux qui nous gouvernent par usurpation de fonction, vous êtes considéré comme étant un potentiel terroriste ou quelqu’un voulant porter atteinte à la sûreté de l’Etat et l’ordre public.
Je ne peux pas faire l’économie de rappeler, tout le monde le sait et j’en conviens, que les mots ont un sens.
En effet ces concepts ” d’Etat, d’atteinte à l’ordre public ou à la sûreté de l’État” ne sont pour les adeptes de la tyrannie, qu’un habillage et un motif désagréables permettant d’exercer la répression et consolider la Dictature.
Oui, les autorités de fait tentent de justifier leur Terreur exercée sur la population en arguant matin et soir “ordre public et sûreté de l’État”. Y a-t-il réellement un Etat en Union des Comores?
Est-ce que la sécurité et l’ordre public existent encore lorsque des concitoyens, civiles et militaires sont froidement e assassinés de manière expéditive sans qu’une moindre enquête soit diligentée afin de connaître la vérité? Et certains de ces assassinats se sont produits dans des camps militaires. Des militaires qui montent au créneau en déclarant qu’ils se sont concertés avec le Chef d’État Major qu’en cas de résistance du peuple contre la tyrannie ils mettront à exécution la solution finale d’une mise à mort des récalcitrants car il n’y a pas lieu de mettre encore des gens en prison.
Je pense que ceux et celles qui accusent des membres et personnalités de l’opposition de vouloir porter atteinte à la sécurité, l’ordre public et la sûreté de l’État ne rendent pas service à leur régime dictatorial et pas plus à notre pays. Mais quel est réellement l’arbre qui cache la forêt ?

Avec le nouveau code de procédure pénale qui a été élaboré et mis en place au grand dame d’aucune référence juridique sérieuse, ce couteau limé et destiné à bâillonner les opposants n’est qu’une arme à double tranchant qui se retournera demain contre ses fossoyeurs. Ce qui sous entend qu’après le départ (et cela n’en déplaise) de la dictature, puisque c’est un excellent code pour ses auteurs aujourd’hui, pourquoi ne pas le leur appliquer demain ?
En effet, dans un même pays, et cela pourrait faire une exceptionnelle jurisprudence, deux codes peuvent être appliqués. Le premier c’est celui qui serait hérité du régime dictatorial et qui s’appliquerait exclusivement à ses propres auteurs qui l’ont jugé bon, et le second sera l’œuvre de la restauration de l’État de droit et la Bonne gouvernance. Une autre option consistera à juger les crimes non élucidés par la Dictature en application du premier code avant la mise en place du nouveau code post-tyrannie.

La dictature comorienne a usé de toutes ses cartes : Complots tous azimuts, vente de rêve d’une émergence dans un système de bricolage gouvernemental, absence de stratégie et de cohérence dans les choix et les décisions qui engagent l’État, dérapage dans les discours avec en date celui d’un ministre et d’un éminent diplomate qui estiment respectivement qu’aux Comores il nous suffit de “manger trois fois par jour” et “faire l’amour”. Quel débauche !

Interrogé sur le sort de l’ancien président Sambi placé en garde à vue depuis 4 ans (fait rarissime dans un Etat qui se respecte et qui reste les droits de ses concitoyens), le Ministre répond qu’il est bien traité car il a droit à trois repas par jour. Quant à l’ambassadeur, il déclare d’une manière abjecte et irresponsable que le Gouverneur élu d’Anjouan, le docteur SALAMI qui est séquestré par le régime bénéficie de bonnes conditions de détentions arbitraires parce-que son épouse est enceinte. Raison pour laquelle, par simple démonstration, aux Comores nous sommes réduits à l’état de la bestialité pure et dure par les autorités de fait qui montrent que manger et s’accoupler comme des animaux est l’idéal commun jusqu’à l’émergence qui n’est en réalité que de la Vengeance contre nos concitoyens. Une vengeance aux deux visages : la nourriture et l’accouplement deviennent tout un programme dans ce régime d’exception (mwanadamu nale yatre madji bahi).

Le rêve du colonel Azali de nous embobiner jusqu’à 2024 dans la perspective d’instaurer, au-delà de sa dictature, une monarchie héréditaire semble contre productif aussi bien pour lui même que pour l’intérêt supérieur de notre pays.
Sont aussi contre productifs, les officines et les cabinets noirs chargés de faire la promotion de l’intimidation et de la Terreur envers les opposants. On entend ici et là des propos du genre : “faites attention à vous, pourquoi cotoyer des gens de l’opposition qui prennent des risques pour leur vie, etc…”

La peur est derrière les Comoriennes et les Comoriens. Avoir peur de défendre les intérêts de son pays est la pire des choses. Entretenir la peur en compromettant l’avenir de notre jeunesse est plus qu’un crime contre l’humanité.
A cette peur s’ajoute la complicité de ceux qui prétendent venir au chevet d’un malade, établissent le diagnostic mais rendent public tout son contraire. L’UA, par sa mission envoyée aux Comores s’entretenir avec les parties concernées par la crise ou les crises comoriennes , cet UA est entrain de trahir l’héritage des pères fondateurs de cette Organisation régionale qui a comme principale vocation, la libération du continent et la défense des peuples à disposer d’eux-mêmes mais dans le respect des règles telles qu’elles ont été édictées par la charte africaine des droits de l’homme.
Le jour où le peuple comorien s’afranchirait inéluctablement de la dictature, l’UA qui soutient avec le colonel Azali qu’il n’y a pas de dictature et donc pas de prisonniers politiques aux Comores aura du mal à prononcer – langage diplomatique désuète oblige – sa fameuse préoccupation et condamnation.
La position, plus qu’embiguïe de la mission de l’UA discrédite l’Organisation.

En conclusion, L’UA est au service de ses amis dictateurs qui s’éternisent au pouvoir par le tripatouillage habituel de la Constitution de leur pays, la répression et la terreur sur les opposants.
Les peuples africaines en général, et les Comoriens en particulier ne baisseront jamais les bras face à ce machin qui, au lieu de régler des problèmes récurrents, pose malgré lui problème.

Hassani ABDOU

HaYba FM la Radio Moronienne du Monde

La Rédaction

1 commentaire sur Un appel au dialogue qui n’est qu’un mépris de plus exercé par la dictature à l’égard de l’opposition

  1. Hassani ABDOU dresse un pamphlet à l’endroit des autorités factuelles des Comores et les vassaux de la Désunion Africaine. Cette critique est moins violente qu’on pouvait s’y attendre, eu égard à la boucherie politique conçue par Azali et réalisée par la Con de mission Afric-haine.

    Il est vrai que l’UA n’est plus le BB conçu la fin des années 50 pour naître celles de 60. L’OUA devenu UA est dévoyée. Une sorte de passerelle devant permettre à l’occident de s’assurer d’un bon et grand réservoir de matières premières. Le coût de fonctionnement de ce machin est assuré par l’UE. Celui qui paie est, fatalement, celui qui gère. En revanche, les autorités africaines vassalisées se maintiennent au pouvoir par une dictature validée par le payeur de l’UA soit l’Union Européenne.

    La seule chose que je ne peux consentir cette diatribe est l’idée selon laquelle les auteurs du code pénal complotiste seraient entendus par ce torchon de droit et le peuple d’une autre justice. On ne peut reprocher nos bourreaux de toutes les injustices dont ils seraient les auteurs et penser pratiquer le droit selon que l’accusé soit d’un bord ou un autre de la vie publique. Je sais que l’auteur de la critique violente contre le régime voulait attirer l’attention du pouvoir sur la justice de revanche que pour acter le droit à une justice à géométrie variable.

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