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Singani, 49 ans après : la mémoire d’une éruption transformée en fête

 

Le 5 avril 1977 reste une date gravée dans la mémoire des Comores. Ce jour-là, le volcan Karthala, situé sur l’île de Grande Comore, entre en éruption et projette des coulées de lave en direction de plusieurs zones habitées, dont le village de Singani. Les terres agricoles sont ravagées, des habitations sont détruites et, dans une scène impressionnante, la lave finit par atteindre l’océan. Un ancien habitant racontait : « On voyait le feu descendre lentement. Ce n’était pas rapide… mais on savait que rien ne pouvait l’arrêter. La nuit, le ciel était rouge. »

Une catastrophe maîtrisée

Malgré l’ampleur du phénomène, le bilan humain reste extrêmement faible, ce qui constitue l’un des faits les plus marquants de cet événement. La population a été évacuée à temps grâce à une mobilisation rapide et collective. Dans les récits transmis localement, on retrouve cette idée d’une solidarité immédiate : « On nous a dit de partir. Tout le monde a aidé tout le monde. Il n’y avait pas de panique, mais une urgence. » Dans un contexte où ce type d’éruption provoque souvent de nombreuses victimes, les Comores ont réussi à éviter le pire.

Le rôle du pouvoir et la mémoire vivante

Pour comprendre cette gestion, il faut revenir au contexte politique de l’époque, marqué par la révolution soilihiste et la présidence de Ali Soilih. Le système reposait sur une forte mobilisation populaire, une organisation locale active et une implication directe des communautés. Face à l’éruption, ces mécanismes ont permis une circulation rapide de l’information et une évacuation coordonnée des populations. Près de cinquante ans plus tard, Singani a choisi de transformer cette date en moment de rassemblement. Courses, musique et ambiance festive rythment la commémoration, non pas pour célébrer la catastrophe, mais pour honorer la survie et la solidarité. Comme le résume un habitant : « Ce n’est pas une fête de la lave. C’est une fête de la vie. »

Aujourd’hui encore, cet épisode reste peu documenté dans les archives internationales, mais profondément ancré dans la mémoire collective comorienne. Il rappelle qu’au-delà de la catastrophe naturelle, c’est la capacité d’organisation, d’entraide et de résilience d’un peuple qui a marqué l’histoire. Singani ne célèbre pas un drame, mais la preuve qu’une communauté peut faire face, ensemble, et transformer une épreuve en héritage vivant.

ANTUF chaharane 

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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