Le parquet de Mutsamudu est sorti de son silence après le décès de Raslane Halidi, survenu le 12 août à la maison d’arrêt de Koki, à Anjouan. Dans un communiqué publié ce jeudi 13 août, le procureur de la République affirme que le détenu est décédé de « mort naturelle » et rejette les informations faisant état d’une grave maladie.
Originaire de Koni-Djodjo, Raslane Halidi était incarcéré depuis 2015 dans le cadre d’une affaire de meurtre. Selon le parquet, la Chambre d’accusation avait par la suite requalifié les faits et l’homme devait comparaître devant le tribunal correctionnel.
Son procès n’avait toutefois pas pu avoir lieu en raison de son évasion lors de la fuite massive du 19 août 2020, au cours de laquelle 80 détenus s’étaient échappés. Interpellé plusieurs années plus tard, Raslane Halidi avait réintégré la prison de Koki le 27 octobre 2025. Condamné pour évasion, il restait dans l’attente de son jugement dans l’affaire initiale.
Concernant les circonstances de sa mort, le parquet assure que le détenu « n’était pas gravement malade » et que son décès est survenu brutalement. Un médecin mandaté pour examiner le corps aurait conclu à une mort naturelle. Le procureur Ibrahim Youssouf appelle ainsi la population à éviter « toute rumeur ou spéculation ».
Mais ce nouveau décès relance inévitablement les interrogations sur les conditions de détention à Koki. Selon les informations recueillies par Comoresinfos, Raslane Halidi est le troisième détenu à mourir en moins de six mois, soit un rythme particulièrement préoccupant d’environ un décès tous les deux mois. (Comores Infos)
Au-delà des conclusions médicales annoncées par le parquet, cette succession de décès remet au centre du débat la prise en charge sanitaire des prisonniers et les conditions générales de détention dans cet établissement pénitentiaire.
IBM


Réagissez à cet article