La réussite des nouvelles générations issues de l’immigration peut-elle devenir un moteur pour le développement des Comores ? La question était au centre d’une conférence-débat organisée mardi 11 août au Palais du Peuple par la Fondation Hazi Haki, sous le patronage du président de l’Assemblée nationale, Moustadroine Abdou.
Devant des représentants des institutions, de la société civile, de la jeunesse et de la diaspora, une invitée a particulièrement retenu l’attention : Mélissa Youssouf. Franco-Comorienne née et élevée à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, elle est devenue en mars 2026 la première femme française d’origine comorienne à accéder à la fonction de maire.
Son parcours politique n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille. Engagée dans la vie municipale depuis plusieurs années et aujourd’hui également vice-présidente du département de la Seine-Saint-Denis, Mélissa Youssouf a rappelé avoir connu « plus d’échecs que de réussites ». Deux candidatures infructueuses ont précédé son élection à la tête de Villepinte. Une expérience qu’elle présente comme un message de persévérance adressé aux jeunes, notamment aux femmes issues de l’immigration.
Moustadroine Abdou a salué un parcours qui dépasse, selon lui, la seule réussite individuelle : « Une source de fierté, votre réussite est la nôtre. »
Pour le président de la Fondation Hazi Haki, Saïd Mchangama, le défi consiste désormais à créer les conditions permettant à cette diaspora de participer davantage au développement national. Il a notamment insisté sur l’acceptation de la diversité et sur la nécessité de permettre aux Comoriens de l’extérieur d’investir dans leur pays d’origine.
La rencontre a également été marquée par la plantation du « Mdri wa Mahaba », l’Arbre d’Amour, dans l’enceinte du Palais du Peuple, un geste symbolique attribué à Mélissa Youssouf.
En présence notamment du gouverneur de Ngazidja, Ibrahim Mze, le débat s’est ensuite ouvert au public. Entre intégration, engagement citoyen et investissement, un constat s’est dégagé : les réussites de la diaspora peuvent constituer des passerelles entre les Comores et les pays où grandissent les nouvelles générations.
IBM


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