L’île de Mohéli est de nouveau confrontée à une menace de black-out total après une nouvelle réduction des livraisons de gasoil destinées à la centrale thermique de la Sonelec.
Dans un communiqué publié le lundi 3 août, la direction régionale de la Sonelec annonce que la Société comorienne des hydrocarbures (SCH) ne pourra lui fournir que 1 000 litres de gasoil, alors que les besoins quotidiens de la centrale s’élèvent à 7 000 litres pour assurer une alimentation électrique normale.
Cette baisse est le dernier épisode d’une diminution progressive des approvisionnements. Les livraisons sont passées de 7 000 litres à 5 000, puis 3 000, 2 000, avant de tomber aujourd’hui à seulement 1 000 litres.
Face à cette situation, la Sonelec a réduit la distribution d’électricité afin d’économiser les dernières réserves de carburant. L’entreprise prévient qu’à partir du mardi 4 août, le fonctionnement de la centrale dépendra uniquement du carburant restant, avec un risque réel d’interruption totale de l’électricité en attendant un nouveau ravitaillement.
Cette nouvelle pénurie rappelle la fragilité énergétique de Mwali. Faute de capacités de stockage suffisantes, l’île dépend entièrement des livraisons maritimes de carburant. Le moindre retard dans l’approvisionnement entraîne immédiatement des conséquences sur la production d’électricité.
Les répercussions se font déjà sentir dans le secteur économique. À Fomboni, l’hôtel Comotel, qui abrite la seule chambre froide opérationnelle de l’île, s’inquiète des pertes à venir.
« Aujourd’hui, nous arrivons encore à fonctionner en nous adaptant aux horaires de la Sonelec. Mais si nous replongeons dans le noir, nous subirons des pertes, comme tous les entrepreneurs. Nous disposons de groupes électrogènes, mais comment les faire fonctionner sans carburant ? Heureusement que nous liquidons tout notre stock aujourd’hui », témoigne Abdil-Manafe Tamadoune Bacar.
Les institutions financières redoutent également une paralysie de leurs activités. Une microfinance installée au centre de Fomboni indique ne disposer d’aucune solution pour faire fonctionner ses équipements en cas de coupure prolongée.
Du côté de la SCH, le directeur régional par intérim, Abdouroihmane Abdallah, assure que les équipes sont mobilisées. Selon lui, le bateau transportant le carburant se trouve actuellement à Ndzuani et devrait rejoindre Mwali mercredi. Il précise que la SCH a déjà livré à la Sonelec tout le carburant dont elle disposait, tout en reconnaissant qu’une interruption totale reste difficile à éviter si les stocks ne sont pas rapidement reconstitués.
Cette nouvelle crise s’ajoute à une longue série de ruptures d’approvisionnement en carburant qui touchent régulièrement Mwali depuis plusieurs années, dont plusieurs ont déjà marqué le début de cette année.
Said Hassan Oumouri


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