La visite de Sébastien Lecornu à Mayotte provoque des réactions aux Comores. Lors de son déplacement de deux jours, le Premier ministre français a annoncé à Dzaoudzi que Paris entendait conditionner une partie de son aide au développement à la coopération des pays concernés par les arrivées à Mayotte, l’Union des Comores.
Sébastien Lecornu a évoqué un système de « bonus-malus », fondé sur la lutte contre les passeurs, la délivrance de laissez-passer consulaires et la réadmission des personnes expulsées. La France soutiendrait davantage les États répondant à ses attentes migratoires que ceux jugés coopératifs.
Deux jours après ces déclarations, Moroni a livré sa première réponse officielle. Le ministre comorien des Affaires étrangères, Mbaé Mohamed, a dénoncé une « condescendance insupportable » et rejeté l’utilisation de l’aide comme moyen de pression. Il a réaffirmé que les Comores ne pouvaient accepter le renvoi de leurs ressortissants depuis Mayotte, considérée par Moroni comme une partie intégrante du territoire national.
Cette réponse intervient après la sortie de Houmed Msaidié sur X. Le conseiller spécial du président Azali Assoumani avait rappelé que l’aide des anciens colonisateurs n’était « pas une aumône », mais constituait, selon lui, une réparation partielle des crimes, spoliations et déséquilibres hérités de la colonisation.
Le Comité Maore a rejeté les annonces françaises. Son président, le Dr Mohamed Monjoin, estime que les Comoriens à Mayotte ne peuvent être assimilés aux migrants venus d’Afrique de l’Est. « Nous, on est chez nous », affirme-t-il, rappelant les liens familiaux, les mariages et les alliances séculaires entre les quatre îles.
IBM


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