À la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, ce jeudi 24 septembre 2026 à New York, le président Azali Assoumani a lancé l’une de ses déclarations les plus fermes sur la question de Mayotte :Les Comoriens sont chez eux à Mayotte. La souveraineté des Comores sur l’ensemble de son archipel n’est pas à vendre. »
Devant les dirigeants du monde, le chef de l’État comorien a une nouvelle fois contesté la présence française à Mayotte. Il a affirmé que le dialogue avec la France restait nécessaire, tout en reconnaissant qu’il n’avait jusqu’ici produit aucun résultat concret.
Azali Assoumani a notamment invoqué les résolutions 3385 du 12 novembre 1975 et 31/4 du 21 octobre 1976 de l’Assemblée générale des Nations unies, ainsi que la résolution 376 du Conseil de sécurité. Ces textes constituent depuis plusieurs décennies le socle de l’argumentation diplomatique comorienne sur l’unité de l’archipel.
La résolution 31/4 porte directement sur « la question de l’île comorienne de Mayotte ». D’autres résolutions adoptées par l’Assemblée générale ont affirmé l’unité et l’intégrité territoriale des Comores et appelé Paris et Moroni à rechercher une solution négociée.
Le président comorien a également dénoncé les pays qui développent des relations directes avec les autorités de Mayotte. Il a surtout critiqué la position française consistant à lier l’aide au développement accordée aux Comores à la coopération de Moroni dans la lutte contre les migrations vers Mayotte.
Pour Azali Assoumani, la souveraineté nationale ne peut donc pas servir de monnaie d’échange contre une aide financière.
Mais cette déclaration pose désormais une question incontournable. Après près de cinquante ans de discours, de résolutions et de négociations sans résultat, quelle stratégie concrète le gouvernement comorien compte-t-il mettre en œuvre ?
Car pendant que les dirigeants parlent de souveraineté, le visa Balladur continue de séparer les familles, des Comoriens meurent encore dans le bras de mer entre Anjouan et Mayotte et les expulsions se poursuivent.
La déclaration prononcée à New York est forte. Elle réaffirme une position historique des Comores devant la communauté internationale. Mais pour convaincre la population, elle devra être suivie d’une véritable offensive diplomatique, d’un calendrier précis et de résultats visibles.
Alors, tournant diplomatique ou nouvelle déclaration sans lendemain ? Azali a-t-il enfin tenu le discours que les Comoriens attendaient, ou faut-il désormais juger uniquement les actes ?
Saïd Hassan Oumouri



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