Ce vendredi 20 mars, veille de l’Aïd el-Fitr, un événement inédit s’est produit à Singani. Le Secrétaire général du gouvernement, Nour El-Fathou, fils du président Azali Assoumani, a été empêché de participer à la grande prière du vendredi. Une scène rare, presque impensable dans un pays où les lieux de culte sont traditionnellement préservés des tensions politiques.
Selon plusieurs témoignages, des jeunes du village ont délibérément boycotté l’office et perturbé son déroulement. Très vite, la situation a dégénéré : huées, refus qu’il fasse la prière à la mosquée, et finalement évacuation précipitée du responsable politique et de sa délégation. Des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent Nour El-Fathou, tête baissée, quittant les lieux sous pression.
Comment en est-on arrivé là ?
Pourquoi une partie de la jeunesse choisit-elle désormais des lieux sacrés pour exprimer sa colère ?
S’agit-il d’un simple incident isolé ou du symptôme d’un malaise politique plus profond ?
Beaucoup y voient plutôt les conséquences directes d’une politique contestée, marquée par des frustrations sociales et un sentiment d’injustice grandissant.
Plus grave encore, c’est la première fois aux Comores qu’un haut responsable est ainsi refoulé d’une mosquée. Ce précédent interroge. D’autres localités pourraient-elles suivre cet exemple pour manifester leur opposition ? Le pouvoir a-t-il pris la mesure du mécontentement qui monte dans le pays ?
À Singani, ce vendredi, ce n’est pas seulement un homme politique qui a été rejeté. C’est toute une manière de gouverner qui semble désormais contestée jusque dans les lieux les plus symboliques de l’unité nationale. C’est également un rejet total de la politique du président Azali Assoumani.
Abdallah . S


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