Entre la fin juillet et le début du mois d’août, les Comores ont connu une succession inhabituelle de festivals. Concerts, tourisme local et rencontres populaires ont animé plusieurs villes d’Anjouan et de Ngazidja.
Le Médina Festival a ouvert cette période avec deux soirées organisées les 27 et 29 juillet à Mutsamudu et Ouani. Le Festival international Watoro a ensuite pris le relais du 3 au 8 août, notamment à Domoni et Mutsamudu.
À Ngazidja, le Daradja Festival a rassemblé plusieurs artistes populaires à Maloudja le 9 août. Le même jour, le FESTICOM organisait son circuit SAFARIKOM entre Moroni et Chindini, avec patrimoine, artisanat, gastronomie, concerts et Beach Party. Plusieurs autres concerts ont également été organisés pendant les vacances.
Cette effervescence contraste avec le témoignage recueilli par Comores Infos auprès d’un homme ayant vécu aux Comores jusqu’à l’âge de 35 ans avant de s’installer en France.
«« À partir de 20 heures, on a l’impression que tout le monde dort. Il n’y a presque plus d’endroits où sortir ou se rencontrer. Ce n’est plus comme au début des années 2000, où il y avait davantage d’activités. »»
Ce témoignage ne résume évidemment pas toute la société comorienne. Il traduit toutefois un sentiment partagé par une partie de la population : en dehors des mariages, des fêtes privées et de quelques manifestations ponctuelles, les possibilités de divertissement restent limitées.
Le succès des festivals de cet été montre pourtant que les Comoriens veulent sortir, se retrouver et partager des moments collectifs. Ils manquent surtout d’événements réguliers, de lieux adaptés et d’activités accessibles tout au long de l’année.
Ces manifestations représentent également une petite économie. Elles font travailler artistes, techniciens, vendeurs, restaurateurs, transporteurs, agents de sécurité, photographes et vidéastes. Elles peuvent aussi attirer des visiteurs et faire connaître le patrimoine des différentes régions.
Cette multiplication des festivals s’explique en partie par le retour estival de la diaspora, les grands mariages et une circulation plus importante d’argent. Mais la vie culturelle ne devrait pas dépendre uniquement de la présence des vacanciers.
La dynamique reste également inégalement répartie, avec une forte concentration à Anjouan et Ngazidja. La tenue de deux festivals le même jour pose aussi la question de la coordination entre les organisateurs. Enfin, les tarifs doivent rester adaptés aux revenus de la population.
L’été 2026 a démontré que le public répond présent. Le défi consiste maintenant à construire un calendrier culturel réparti sur toute l’année et sur les trois îles, afin que les Comores ne se réveillent pas uniquement pendant les vacances.
Said Hassan Oumouri


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