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ELISABETH APAMPA : Une voix africaine au service des femmes, des médias et de la culture

Invitée du Festival International Bangwe de l’Oralité (F.I.B.O 5) organisé aux Comores par l’association Kam’Art Culture, la communicante, journaliste culturelle, entrepreneure et Directrice du Festival International IYé Ma Rue Ma Musique du Togo, Elisabeth Apampa a marqué cette édition par une série d’interventions consacrées à la critique culturelle, à la découvrabilité des produits culturels et au leadership féminin dans les industries culturelles et créatives (ICC). Portrait d’une femme engagée qui fait du dialogue entre culture, médias et développement durable un véritable levier de transformation sociale.

 

Pendant près de 7 jours, les 8 au 13 Juin, les Comores ont vibré au rythme du Festival International Bangwe de l’Oralité, rendez-vous majeur dédié à la transmission des savoirs, à la valorisation du patrimoine immatériel et à la création contemporaine africaine. Véritable carrefour d’échanges entre artistes, chercheurs, journalistes, entrepreneurs culturels et décideurs, le festival s’impose progressivement comme l’une des plateformes de réflexion et de valorisation des patrimoines vivants de l’océan Indien et du continent africain.

Parmi les personnalités invitées de cette 5ème édition figurait Elisabeth Apampa, journaliste, communicante, entrepreneure culturelle et militante togolaise engagée depuis plus d’une décennie pour la promotion des droits des filles femmes, de la jeunesse et des industries culturelles et créatives.

 

Au-delà de sa participation aux showcases, aux rencontres professionnelles et aux différents temps forts du festival, Elisabeth Apampa a surtout été sollicitée comme formatrice et conférencière autour de trois thématiques stratégiques pour l’avenir du secteur culturel africain. Ses interventions ont également nourri plusieurs réflexions collectives sur la trajectoire culturelle des Comores, la structuration des écosystèmes créatifs et le positionnement du pays comme destination culturelle de référence dans la région.

 

Former à une critique culturelle exigeante et contextualisée

 

Sa première intervention a réuni journalistes, étudiant-es, passionné-es de culture et acteurs des médias autour de la question de la critique culturelle contemporaine. Dans un contexte où les industries culturelles africaines connaissent une transformation rapide, portée par le numérique, les nouvelles formes de consommation culturelle et l’émergence de nouveaux récits, elle a invité les professionnels des médias à dépasser la simple couverture événementielle pour développer une véritable analyse critique des œuvres, des artistes et des dynamiques culturelles.

 

L’accent a été mis sur l’importance d’une écriture journalistique rigoureuse, capable de situer les productions artistiques dans leurs contextes historiques, sociaux, économiques, politiques et culturels.

Pour Elisabeth Apampa, la critique culturelle ne consiste pas uniquement à apprécier ou à commenter une œuvre. Elle représente un exercice intellectuel permettant d’interroger les récits, les représentations, les identités et les mutations de nos sociétés.

« Nous avons besoin d’une critique culturelle africaine capable de raconter nos réalités avec profondeur, nuance et responsabilité. La culture est le miroir de nos sociétés et un outil de transformation », a-t-elle souligné au cours de cette session.

 

La découvrabilité, un enjeu majeur pour les créateurs africains

 

Elle a ensuite animé une session destinée aux acteurs culturels, artistes, étudiants et professionnels des industries culturelles et créatives sur la découvrabilité des produits culturels. Cette problématique est aujourd’hui au cœur des débats internationaux sur l’avenir des secteurs créatifs. À l’ère du numérique, la visibilité d’une œuvre dépend autant de sa qualité artistique que de sa capacité à être repérée, référencée, recommandée et diffusée sur les plateformes numériques. Elle s’est énormément appuyée sur les outils de l’organisation internationale de la francophonie (OIF).

 

À travers des exemples concrets et des échanges interactifs, Elisabeth Apampa a sensibilisé les participant-es aux enjeux liés aux métadonnées, au référencement, à la présence numérique des artistes, à la circulation des contenus culturels africains et aux stratégies permettant d’accroître leur visibilité à l’échelle régionale et internationale. Une intervention particulièrement appréciée par les participant-es, qui y ont vu des outils pratiques pour mieux valoriser les productions culturelles comoriennes et renforcer leur présence sur les marchés culturels internationaux.

 

Une rencontre inspirante avec les femmes des médias et de la culture

 

Mais c’est sans doute sa rencontre avec les femmes journalistes, entrepreneures et professionnelles de la culture qui a rendu sa présence particulièrement marquante.

Militante de longue date pour le leadership féminin, l’autonomisation économique et la visibilité des femmes dans les espaces de décision, Elisabeth Apampa a profité de cette rencontre pour mobiliser, sensibiliser et encourager les participantes à investir pleinement leur potentiel professionnel.

 

Autour du thème « Personal Branding des femmes des médias et de la culture », elle a partagé son expérience de terrain, son parcours entrepreneurial, les défis rencontrés au cours de sa carrière ainsi que les stratégies permettant aux femmes de construire une identité professionnelle forte, crédible et influente. Dans un environnement où les femmes restent encore sous-représentées dans de nombreux espaces de visibilité et de leadership, la session a permis d’aborder des questions liées à la confiance en soi, à la réputation professionnelle, à la présence numérique, au réseautage et à la valorisation des expertises féminines.

 

Pour Elisabeth Apampa :

« Les femmes ont des compétences, des parcours et des expertises. Pourtant, beaucoup restent invisibles. Le personal branding est un outil de visibilité, de leadership et d’impact. Lorsque les femmes prennent la parole, racontent leur histoire et valorisent leur expertise, elles inspirent d’autres femmes et participent à transformer durablement les sociétés». Pour de nombreuses participantes, cette intervention a constitué un moment d’inspiration, de prise de conscience et de réflexion sur la place des femmes dans les espaces de décision, de création et de représentation médiatique.

 

Des témoignages qui illustrent l’impact de la rencontre

 

Parmi les participantes, Mme Faracha, dirigeante d’entreprise de vestimentaires aux Comores, a salué la qualité des échanges et la pertinence des outils partagés.

« Elisabeth est une femme compétente. J’applique déjà certains principes du personal branding dans mon activité professionnelle, mais cette formation m’a permis d’aller plus loin. J’ai pris énormément de notes et je repars avec des idées concrètes que je compte mettre en pratique », a-t-elle confié à la sortie à travers une vidéo.

Même enthousiasme du côté de Zamode, entrepreneuse évoluant dans le secteur de la mode.

« Cette initiative est très intéressante. La formation m’a permis d’acquérir de nouveaux conseils et de découvrir des stratégies auxquelles je n’avais pas pensé. Mais surtout, elle m’a permis de rencontrer une femme inspirante dont le parcours montre qu’il est possible de créer de l’impact à travers les médias et la culture », explique-t-elle.

 

Une vision panafricaine portée depuis le Togo

 

Originaire du Togo, Elisabeth Apampa est notamment connue pour son engagement à travers plusieurs initiatives dédiées à l’autonomisation des femmes, à l’accompagnement de la jeunesse et à la promotion de la culture africaine. À la tête du Festival International IYé Ma Rue Ma Musique, elle œuvre depuis plusieurs années à rapprocher les mondes de la culture, des médias, de l’éducation, de l’entrepreneuriat et du développement communautaire. Son action s’inscrit dans une vision panafricaine qui place la culture au cœur du développement humain, de la cohésion sociale et de la création d’opportunités économiques pour les jeunes et les femmes.

 

Sa présence au Festival International Bangwe de l’Oralité illustre également la volonté croissante de renforcer les échanges Sud-Sud entre acteurs culturels africains. Entre le Togo et l’Union des Comores, les réalités diffèrent parfois, mais les défis demeurent similaires : professionnalisation du secteur culturel, accès à la visibilité, transmission des patrimoines, innovation créative et promotion du leadership féminin.

 

Une expérience humaine et professionnelle marquante

 

Au terme de son séjour, Elisabeth Apampa retient avant tout la richesse des rencontres humaines, la qualité des échanges et l’énergie créative portée par les professionnels comoriens.

« Les Comores m’ont offert bien plus qu’un cadre de travail. J’y ai découvert une jeunesse ambitieuse, des femmes engagées et des acteurs culturels qui croient profondément au pouvoir de la culture pour transformer les sociétés. J’ai également découvert un patrimoine exceptionnel et une volonté réelle de faire de la culture un moteur de développement », confie-t-elle.

Sefrick Abdou

 

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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