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Des offres pour les jeunes comoriens qui veulent poursuivre leurs études en Europe

Dans le cadre de la semaine de l’Europe, l’ambassadeur de l’Union Européenne à Madagascar et en Union des Comores, Giovanni Di-Girolamo a exposé les multiples projets mis en place aux Comores dans le cadre de la coopération entre les deux parties. Sur la question des accords de pêche, ce dernier reste confiant qu’ils feront le tout pour rétablir l’accord de pêche entre les Comores et l’UE.

Question : Pourriez-vous justement nous parler de la semaine de l’Europe, ce que cela représente et quelles seront les célébrations prévues aux Comores ?

Giovanni Di Girolamo : La semaine de l’Europe est un ensemble d’événements qui se déroulent autour du 09 mai. C’est le jour que l’on considère comme le déclenchement du processus de l’éducation européenne. Aux Comores, au cours des dernières années, nous avons une relation qui s’est fortement renforcée, qui a dépassé les moments un peu difficiles mais maintenant nous avons beaucoup avancé. Nous avons pu adapter la semaine de l’Europe à la réalité aussi des Comores et de l’Afrique. C’est pour cela que nous l’avons dédiée cette année à la jeunesse. Pourquoi la jeunesse ? Après 2 ans de COVID, après toutes les conséquences économiques, la pandémie a engendré des fermetures, la perte d’emploi, la déréglementation des flux commerciaux. La force de la récupération qui peut venir de la jeunesse. Il faut encourager les jeunes, il faut leur donner des pistes pour un monde plus prospère, plus équitable. Toute la semaine sera marquée par des événements dont la relance du programme Erasmus, des offres pour les jeunes comoriens qui veulent poursuivre leurs études en Europe, on aura des actions en matière de formation professionnelle, projet avec la société civile, etc.

Question : Pourquoi vouloir aller précisément à la rencontre des jeunes ? Pourriez-vous expliquer ce que l’UE fait concrètement pour la jeunesse ?

G.D.G: Les jeunes, c’est l’avenir et pour faire face à l’avenir, il faut de l’espoir pour que les jeunes puissent utiliser leur énergie pour construire leur vie. L’Afrique a eu une grande croissance de la population et les Comores aussi. Il y a plus de jeunes qu’avant. Malheureusement, l’amélioration des conditions de vie, etc… fait que la plupart de ces jeunes arrivent à l’âge d’adulte. Il est vrai qu’il y a des guerres, des changements climatiques, des tensions sociales, etc. il y a partout les problèmes de dégradation de l’environnement. C’est très important pour les jeunes. Nous avons tous le devoir de léguer à nos enfants un monde meilleur. Donc on se concentre sur la formation professionnelle, l’insertion, l’environnement des affaires, et d’ailleurs les Comores ont un grand potentiel. Et là on se concentrera sur comment attirer les investissements, comment valoriser l’accord de partenariat économique, quels sont les moyens d’utiliser des tendances soutenables des ressources des Comores et on fait des investissements importants. L’Erasmus a déjà permis à des jeunes comoriens de compléter la formation supérieure en Europe. Dans la semaine, les collègues sur place donneront plus de détails sur ces programmes et comment les jeunes comoriens peuvent en bénéficier.

Question : Pourriez-vous justement donner plus de précisions sur le programme de coopération au développement de l’UE dans le pays. On sent depuis quelques mois un renouveau de la coopération UE, qu’en est-il ?

G.D.G: Effectivement, il y a un renouveau de la coopération, on a déjà des programmes en matière de gouvernance économique et financière, des formations professionnelles dans le domaine de l’énergie en particulier, le photovoltaïque à Mohéli, et on prévoit une autre en Grande-Comore, protection environnement, adduction d’eu potable à Anjouan. À la fin de 2021, on s’est mis d’accord sur une enveloppe de 46 millions d’euros de subvention pluriannuel, comme appui au PCE, des projets de bonne gouvernance, un projet partagé par la société comorienne pour aboutir au développement et l’émergence. En même temps, nous avons signé des accords avec le gouvernement pour trois axes prioritaires à savoir le pacte bleu et vert, la croissance de l’emploi et la gouvernance économique.

Question : Vous avez parlé de la société civile, comment travaillez-vous avec elle ?

G.D.G: La société civile a toujours été au cœur de notre préoccupation, elle est la force d’une nation. L’Etat ne peut pas tout faire mais les organisations de la société font beaucoup d’innovation, des progrès. Elles s’organisent et participent évidemment dans nos instances de dialogue, et ont aussi participé en tant qu’observateurs. Mes collègues à Moroni étaient là au dialogue politique qui était lancé par le gouvernement. C’était un moment intéressant, d’interaction entre différentes instances du pays. J’étais très impressionné par la quantité des gens qui était présents à ce dialogue. Au delà de cela, nous voulons aussi avoir des dialogues spécifiques avec les organisations de la société civile pour mieux calibrer notre coopération. Je sais qu’il y aura toute une série d’instances de dialogue, on donnera des subventions qui iront directement à la société civile pour des actions en matière de protection des enfants, adaptation aux changements climatiques, il y aura d’autres projets pour un total de 500 millions de francs comoriens pour le renforcement des organisations comoriennes et en général pour la participation au processus du dialogue et de développement des iles. On va essayer d’orienter davantage les flux financiers de la diaspora vers les investissements.

Question : La situation internationale est critique avec la guerre en Ukraine aux portes de l’Europe. Si le théâtre des opérations est très éloigné des Comores, les conséquences de cette guerre frappent directement notre pays. Quelle est la position de l’UE ?

G.D.G: La situation est lamentable et à la fois triste. L’Union européenne déplore l’invasion Russe de l’Ukraine. On déplore les pertes humaines et matérielles. Et d’un coté soutenir la population ukrainienne et en même temps prendre des sanctions pour montrer notre fort mécontentement à la Russie. On espère que cette situation puisse se résoudre rapidement. Évidement notre option est que la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine reviennent. Les Comores partagent notre décision. Russie et Ukraine sont des grands importateurs. Pour un pays comme les Comores, qui sont déficitaires en matière alimentaire, ça aura des impacts. Heureusement on s’est déjà orienté dans le photovoltaïque pour atténuer en partie l’impact de la hausse du carburant. Ensemble il faudra faire face aux conséquences économiques.

Question : Pouvez-vous nous dire de l’état d’avancement au sujet des accords de pêche avec les autorités comoriennes?

G.D.G: Le grand obstacle était le carton rouge. Vraiment c’est un travail important qui doit être associé au bureau de Moroni. On a commencé le dialogue pour arriver à lever ce carton rouge. Évidement, dès qu’on arrivera à le faire, il y aura des ajustements à faire d’un côté. Les Comores auront à nouveau à ce qu’il puisse profiter de tous les avantages qu’un accord de pêche en termes de compensations et d’assistance technique qu’il peut offrir. On était bloqué pendant des années et on espère aboutir à l’élimination de ce carton rouge. J’ai beaucoup confiance. Aussi pendant ma visite aux Comores, il y a quelques mois, on a eu des échanges très intéressants avec les autorités comoriennes. Et je me suis rendu compte qu’il y a une volonté politique et j’ai assez confiance qu’on fera tout le possible pour arriver à un rétablissement de l’accord de pêche.

Question : Vous allez quitter les Comores, après un mandat de 4 ans. Quel bilan tirez-vous de votre action dans le pays ?

G.D.G: Il y a un bilan politique et un bilan économique en matière de coopération. Pour la politique, je crois que nous avons rétabli la confiance. Il y a 4 ans, la situation était un peu froide, un processus comorien qui a pris un chemin qui est un peu différent. À travers les séries de séances de dialogue, avec les autorités, les sociétés civiles mais aussi des opposants éminents, j’ai compris beaucoup plus de la société comorienne. Je peux transmettre la spécificité comorienne à Bruxelles. On a essayé de diversifier nos sources de formation, de dialogue, on a baptisé le contact avec la société civile. On a mieux compris l’interaction de la société locale entre les iles, entre la diaspora. Effectivement des problèmes comme partout d’ailleurs mais on attribue toujours la façon de se parler. L’union européenne reste le premier partenaire des Comores, même en période de crise, nos liens sont restés intacts. Du coté de la coopération, nous avons une relance de la coopération où il y a beaucoup de projets en vigueur. Il y a une meilleure collaboration. Et tout cela a été possible grâce à l’aide du bureau de Moroni.

Propos recueillis par Andjouza Abouheir / LGDC

La Rédaction

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