L’agriculture comorienne montre un visage encourageant à Diboini, sur l’île de Ngazidja. Près de 100 tonnes de gingembre ont déjà été récoltées et triées au centre rural de développement économique de Hamalengo. Les responsables de la filière espèrent atteindre une production totale de 300 tonnes. Une perspective prometteuse pour le développement agricole et économique du pays.
Le jeudi 15 octobre 2026, le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, accompagné du ministre de l’Agriculture, Daniel Ali Bandar, s’est rendu au centre rural de développement économique de Hamalengo, à Diboini, pour assister aux opérations de récolte du gingembre.
Selon les chiffres communiqués par le point focal de la filière, entre 97 et 100 tonnes ont déjà été triées. L’objectif annoncé est d’atteindre 300 tonnes au terme de la récolte.
Une production qui confirme le potentiel agricole des Comores
Cette nouvelle récolte s’inscrit dans la continuité des efforts engagés ces dernières années pour développer la culture du gingembre aux Comores.
En effet, le rapport annuel 2024 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) faisait déjà état d’une récolte de plus de 100 tonnes de gingembre à Diboini, dans le cadre d’un projet soutenu par l’USAID.
Ce programme avait notamment permis à une centaine d’agriculteurs de recevoir 33,8 tonnes de semences et de bénéficier d’un accompagnement dans les techniques de production.
Ces résultats montrent que l’agriculture comorienne dispose d’un potentiel réel lorsque les producteurs bénéficient de moyens adaptés, de formations et d’un accompagnement technique.
Produire 300 tonnes, mais pour vendre à qui ?
Si l’objectif de 300 tonnes constitue une perspective encourageante, une question essentielle se pose désormais : que deviendra toute cette production ?
Car produire davantage ne suffit pas. Encore faut-il disposer de circuits de commercialisation capables d’absorber les quantités récoltées et de garantir une rémunération satisfaisante aux agriculteurs.
Le gingembre peut être commercialisé frais, mais également transformé en poudre, en jus ou en d’autres produits destinés à la consommation.
Le développement de petites unités de transformation pourrait ainsi permettre de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire comorien, tout en favorisant l’emploi local.
L’accès aux marchés, les conditions de stockage, les moyens de transport et les prix de vente seront donc déterminants pour mesurer les véritables retombées économiques de cette production.
Une opportunité pour réduire la dépendance alimentaire
Dans un pays qui dépend fortement des importations pour satisfaire une partie de ses besoins alimentaires, le développement des filières agricoles locales représente un enjeu stratégique.
L’expérience de Diboini pourrait servir d’exemple pour encourager d’autres productions agricoles et soutenir les agriculteurs dans différentes régions de l’archipel.
Mais pour transformer cette réussite en véritable développement économique, les efforts devront se poursuivre au-delà des récoltes.
Il faudra notamment assurer la continuité de la production, organiser les débouchés commerciaux et permettre aux agriculteurs de vivre durablement de leur travail.
À Diboini, les chiffres sont encourageants. Reste maintenant à savoir si ces centaines de tonnes de gingembre se traduiront par une amélioration concrète des revenus des producteurs et par la création de nouvelles activités économiques.
Car la véritable réussite agricole ne se mesure pas seulement au nombre de tonnes récoltées, mais aussi à la richesse qu’elles permettent de créer pour la population.
Said hassan Oumouri



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