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Commune de Moroni: Fatouma Abdallah assure les fonctions de «maire intérimaire»

Ce choix traduit directement la “motion de déchéance du maire Hassane Mohamed Halidi et ses trois adjoints”, a rappelé l’un des signataires, Abbas Mohamed El-had. Par contre, l’équipe de l’adjoint maire, conduite par Mohamed Kaambi Mohamed rejette sa “révocation” et conteste la procédure ayant conduit à “l’élection” de Fatouma Abdallah.

La session extraordinaire initiée par la conseillère municipale Fatouma Abdallah a abouti au choix de cette dernière pour assurer les fonctions de maire intérimaire de la capitale au terme d’un vote de 37 conseillers municipaux, en attendant l’organisation d’un vote effectif “dans sept jours”, l’opération d’hier entérine la motion de déchéance à l’encontre du maire et ses adjoints qui est tout de suite dénoncée par ces derniers, qui assurent “avoir perdu une bataille, mais pas la guerre”.

Nouveau rebondissement. Les jours se suivent et se ressemblent. La mairie de Moroni qui est au bord de l’implosion est encline à une énorme grisaille. Et, pour l’heure, l’on ne voit pas venir une quelconque éclaircie. Motion de censure du maire le 29 mars, une interdiction du commerce informel sur la voie publique non respectée par les vendeurs, les soucis s’accumulent pour la plus grande commune du pays. Et comme si cela suffisait pas, la session extraordinaire initiée par la doyenne des conseillers municipaux, Fatouma Abdallah, contestée par les adjoints du maire, est venue rajouter de l’huile sur le feu.
En effet, cette session a permis, hier au Casm, la nomination de Fatouma Abdallah à la tête de la mairie de la capitale, au terme d’un vote “unanime” de 37 conseillers, en attendant un vote effectif “dans un délai de sept jours à compter d’hier”.

Cette nomination traduit directement la “motion de déchéance du maire Hassane Mohamed Halidi et ses trois adjoints”, a rappelé l’un des signataires, Abbas Mohamed El-had. A chaud, les principaux concernés ont tenu une conférence de presse pour dénoncer cette décision. Avec le flegme qu’on lui connait, le maire adjoint prône “le dialogue” pour tenter de trouver un consensus. Du côté de Mohamed Kaambi Mohamed, le ton était beaucoup plus tonique. Le conseiller municipal s’est d’abord dit surpris de la forte mobilisation des forces de l’ordre qui ont quadrillé, hier matin, la zone allant du Casm à la mairie.

Ce que dit la loi

Pour convoquer une telle assemblée, “il faut le 2/3 des conseillers, soit 35 sur 52”. Bien que le quorum ait été respecté avec la participation de “37 conseillers, 34 physiquement et 3 par procuration”, Mohamed Kaambi Mohamed fustige l’attitude et la méthode affichées par la doyenne des conseillers. “La convocation qui nous a été soumise n’est rien d’autre qu’un torchon. Ils n’ont même pas daigné nous inviter mais nous ont inclus dans une liste sans même nous aviser. C’est un bordereau et non une invitation”, devait-il grogner. Même son de cloche pour le conseiller Abderemane Elaniou qui a haussé le ton pour balayer “toute forme d’intimidation”.

Après avoir été notifié de la tenue de la session, le maire adjoint dit avoir directement pris contact avec le préfet de Moroni, lequel aurait approuvé “l’illégitimité de ladite session”.Ce qui est sûr, “Momo” campe sur ses positions, et affirme qu’à moins “d’une révocation gouvernementale”, il ne bougera pas de ses fonctions, estimant que “seul le maire a le droit d’organiser une session d’une telle envergure”.La situation plus que tendue à la mairie ne risque pas de redescendre de sitôt, puisque le conseiller Abderemane Elaniou assure que “le bureau a perdu une bataille, mais la guerre continue”.

Housni Hassani et Adabi Soilihi Natidja/
Alwatwan

La Rédaction

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