En 2027, les Comores doivent accueillir les . Un rendez-vous régional majeur. Une vitrine sportive et diplomatique. Un pari sur la capacité du pays à organiser un événement international de grande ampleur. Mais à un peu plus d’un an du moment décisif, une question revient avec insistance dans les conversations publiques : qui a réellement vu les grandes infrastructures promises sortir de terre ?
Officiellement, les travaux ont été lancés. Le chantier de la piscine olympique et du gymnase à Mitsudje a démarré en 2025. Des visites techniques ont eu lieu. Les autorités parlent d’avancées importantes et assurent que le calendrier reste maîtrisé. Sur le plan institutionnel, le message est clair : les Comores seront prêtes.
Sur le terrain pourtant, la perception est plus nuancée. Beaucoup de citoyens peinent encore à identifier des infrastructures majeures déjà bien visibles, à l’échelle d’un événement qui doit accueillir plusieurs milliers d’athlètes, d’officiels et de délégations étrangères. Le dossier le plus sensible reste celui du Village des Jeux, élément central de toute organisation réussie. Sans hébergement opérationnel et conforme aux standards exigés, aucune compétition internationale ne peut se tenir dans des conditions satisfaisantes.
Le facteur temps devient donc déterminant. À ce stade, plusieurs trajectoires sont possibles. Un scénario optimiste demeure crédible si l’année 2026 marque une accélération nette des travaux et si les solutions annoncées, notamment en matière de constructions préfabriquées, permettent de gagner de précieux mois. Un scénario plus tendu reste également envisageable, avec des livraisons tardives mais dans les délais, au prix d’une pression logistique intense jusqu’à la dernière minute. Enfin, un scénario plus critique ne peut être totalement écarté si des retards techniques, financiers ou organisationnels venaient à s’accumuler.
Le véritable tournant interviendra fin mars 2026. Une visite d’inspection du Conseil international des Jeux est attendue. Cette mission ne se contentera pas de présentations théoriques. Elle devra constater l’état réel des chantiers, la progression concrète des infrastructures et la solidité du plan logistique. C’est à ce moment précis que la crédibilité du calendrier comorien sera évaluée avec rigueur.
Les Jeux des îles 2027 dépassent largement le cadre sportif. Ils représentent un test national de gouvernance, d’organisation et de projection régionale. La question n’est plus de savoir si l’ambition est légitime. Elle l’est. La question est désormais simple et directe : le pays est-il objectivement sur la bonne trajectoire pour tenir ses engagements ?
La réponse commencera à se dessiner fin mars. D’ici là, le compte à rebours continue.
ANTUF Chaharane


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