À Mohéli, le chantier du port de Bwangoma commence à prendre une nouvelle dimension. Après les annonces, l’arrivée des engins et les premières phases de préparation, les travaux entrent progressivement dans une phase beaucoup plus visible. Selon les dernières informations rapportées notamment par Al-Watwan, la production des blocs destinés aux infrastructures portuaires s’intensifie sur le chantier.
Une évolution importante pour ce projet attendu depuis plusieurs années par la population de Mwali.
Le chantier actuel est confié à l’entreprise égyptienne Arab Contractors, qui avait remporté le marché. Dès septembre 2024, un deuxième lot d’engins avait été acheminé à Mohéli, comprenant notamment des équipements nécessaires aux travaux et une centrale à béton. Le coût annoncé du projet était alors d’environ 60 millions d’euros, pour une durée contractuelle de trois ans.
L’ambition est considérable. Le projet prévoit notamment la construction à Bwangoma d’un quai d’environ 250 mètres et doit permettre à Mohéli de disposer d’une infrastructure maritime beaucoup plus adaptée à ses besoins. L’objectif est de sécuriser les déplacements, faciliter le transport des marchandises et réduire l’isolement économique de l’île.
Un chantier qui a aussi connu des difficultés
L’accélération actuelle ne doit toutefois pas faire oublier les problèmes rencontrés depuis le démarrage des travaux.
Au début de l’année 2026, lors de l’examen du programme de travail du ministère des Transports, des difficultés d’approvisionnement en carburant à Mwali pour Arab Contractors avaient notamment été signalées parmi les causes de retard du chantier de Bwangoma.
Le calendrier a donc déjà été mis sous pression.
En novembre 2025, les autorités annonçaient une fin des travaux prévue pour août 2027. Si cette échéance est maintenue, le chantier dispose encore d’environ une année pour franchir les principales étapes restantes.
La montée en puissance actuelle de la production des blocs constitue ainsi un indicateur encourageant : le projet n’est plus seulement représenté par des engins installés sur le site. Des éléments nécessaires aux futurs ouvrages sont désormais produits à un rythme plus soutenu.
Mais il faudra encore observer leur mise en œuvre et, surtout, l’avancement global du port avant de parler d’une réalisation acquise.
Le 31 juillet dernier, le comité de pilotage du vaste projet d’aménagement du corridor maritime a justement fait le point sur son exécution. Les responsables ont examiné les études techniques, l’exécution financière, les marchés, les contraintes environnementales ainsi que les difficultés susceptibles de ralentir les travaux. Le programme global, financé par la Banque africaine de développement, représente 228 millions d’euros et concerne notamment la modernisation des ports de Moroni et de Bwangoma.
Pour Mohéli, l’enjeu dépasse largement la construction d’un nouveau quai. Pendant des décennies, les insuffisances des infrastructures maritimes ont compliqué le transport des personnes et surtout des marchandises, avec des conséquences directes sur les coûts supportés par la population.
Après plusieurs projets, annonces et tentatives de réhabilitation au fil des années, Bwangoma entre donc dans une phase plus concrète de sa transformation.
La production des blocs s’accélère. Les équipements sont sur place. Le chantier avance. Mais le véritable rendez-vous sera désormais août 2027, date annoncée pour l’achèvement des travaux.
C’est à cette échéance que l’on pourra mesurer si Mohéli dispose enfin du port moderne attendu depuis tant d’années.
Said Hassan Oumouri


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