Aux Comores, les déchets plastiques pourraient devenir une véritable opportunité économique pour les jeunes entrepreneurs. Sept porteurs de projets viennent d’intégrer un programme d’accompagnement destiné à transformer les déchets en activités rentables. À la clé, pour au moins trois projets sélectionnés, une subvention pouvant atteindre 50 000 euros chacun, soit environ 24,6 millions de francs comoriens.
Cette initiative a été présentée mardi 27 octobre à Moroni, lors du forum ISLANDS Business Forum, organisé à Com’Work autour de l’économie circulaire. La rencontre a réuni des représentants des institutions publiques, du secteur privé et des partenaires internationaux, notamment le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la Commission de l’océan Indien et l’Agence nationale de gestion des déchets. UNDP
L’objectif est de faire émerger des entreprises capables de collecter, recycler ou transformer les déchets, particulièrement les matières plastiques, dont l’accumulation représente un défi environnemental important pour l’archipel.
Les sept entrepreneurs sélectionnés bénéficieront d’un accompagnement de quatre mois dans le cadre du projet ExPLOI. Ce programme doit leur permettre d’améliorer leurs compétences techniques, de structurer leurs activités et de construire des modèles économiques viables. À l’issue de cette période, au moins trois projets pourront recevoir un financement de démarrage allant jusqu’à 50 000 euros.
Le programme est porté par la Commission de l’océan Indien, avec un cofinancement de l’Agence française de développement et du Fonds français pour l’environnement mondial.
Pour les Comores, cette initiative présente un double intérêt. D’une part, elle pourrait contribuer à réduire la pollution plastique, notamment dans les villes et les zones côtières. D’autre part, elle ouvre des perspectives d’activités économiques et d’emplois dans un secteur encore peu développé.
Mais transformer les déchets en richesse suppose de surmonter plusieurs obstacles : les difficultés de collecte, les coûts de transport entre les îles, l’étroitesse du marché national et l’accès au financement.
Les participants au forum ont également évoqué la responsabilité des producteurs et des importateurs dans la gestion des emballages et des produits arrivés en fin de vie.
Reste désormais à savoir si les projets accompagnés par ce programme parviendront à se transformer en entreprises durables, capables de créer des emplois et de proposer des solutions concrètes aux problèmes de gestion des déchets.
Dans un pays où le chômage des jeunes et l’insalubrité constituent deux préoccupations majeures, cette initiative pourrait contribuer à répondre simultanément à ces deux défis.
Said Hassan Oumouri



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