Au lendemain de la journée de boycott des recharges Internet du 1er juillet, une nouvelle bataille s’est ouverte sur les réseaux sociaux : celle des chiffres.
Alors que des milliers de Comoriens avaient été appelés à ne pas recharger de crédit chez YAS Comores et Comores Telecom afin de dénoncer le coût élevé d’Internet et la disparition jugée trop rapide des forfaits, chacun revendique désormais sa propre lecture de la mobilisation.
Du côté de certains soutiens du pouvoir, plusieurs publications ont rapidement affirmé que le boycott avait échoué et que les clients avaient continué à recharger leurs crédits comme à l’habitude. Parmi eux, Ben Issa a assuré disposer de chiffres montrant que l’activité des opérateurs n’avait pas été perturbée. Une affirmation qui a aussitôt suscité de nombreuses réactions. Plusieurs internautes lui ont demandé d’où provenaient ces données et comment elles avaient été obtenues.
À l’inverse, l’initiateur du mouvement, le journaliste Oubeidillah Mchangama, se félicite d’un véritable succès. Dans une vidéo publiée après la journée du 1er juillet, il avance que près de 90 % des clients des deux opérateurs n’auraient pas rechargé leur crédit durant cette journée. Là encore, ces chiffres n’ont pas été confirmés par des données officielles accessibles au public.
Au-delà des statistiques, Oubeidillah Mchangama estime que l’objectif principal était avant tout de sensibiliser les consommateurs à la question du coût d’Internet aux Comores. Selon lui, le combat contre la vie chère dans les télécommunications ne fait que commencer.
Pendant ce temps, le débat continue de prendre de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Chaque jour, de nouveaux témoignages sont publiés. Captures d’écran à l’appui, de nombreux abonnés dénoncent une consommation qu’ils jugent anormalement rapide de leurs forfaits et accusent les deux opérateurs de proposer des offres peu avantageuses. Ces publications alimentent un mécontentement grandissant observé depuis plusieurs semaines.
Le sujet a également trouvé un écho dans la presse. Le journal d’État Al-Watwan a consacré un article au boycott en s’appuyant sur des données économiques et des analyses d’experts. Le quotidien souligne notamment que, comparés à certains pays de la région, les tarifs pratiqués aux Comores ne seraient pas parmi les plus élevés.
Dans ce contexte particulièrement tendu, les deux opérateurs ont commencé à communiquer sur de nouvelles offres de données, notamment des formules présentées comme « illimitées », quelques jours après le lancement de la campagne de sensibilisation contre la cherté d’Internet. Une initiative qui est déjà largement commentée par les consommateurs, beaucoup attendant désormais de voir si ces offres répondront réellement à leurs attentes.
Une chose est sûre : au-delà de la bataille des chiffres, le boycott du 1er juillet a placé le coût d’Internet au cœur du débat public. Et qu’il soit considéré comme un succès ou un échec selon les points de vue, il a remis sur la table une question qui préoccupe de nombreux ménages comoriens : combien coûte réellement l’accès à Internet, et à quel prix pour le pouvoir d’achat ?
ANTUF Chaharane


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