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Aux Comores, un préfet interdit… de parler politique dans les maisons

 

Une décision préfectorale prise à Fomboni a déclenché une onde de choc dans le pays. Le document, signé par le préfet du Centre, Kamardine Mohamed, interdit toute réunion politique restreinte dans les domiciles privés. Une mesure qui provoque incompréhension, colère et inquiétude quant à l’avenir des libertés publiques aux Comores.

La décision N°26, diffusée ce lundi, stipule qu’aucune réunion politique, même limitée à quelques personnes, ne peut désormais se tenir dans les maisons situées dans la zone de compétence du préfet. Le texte évoque des « troubles à la sécurité et à la paix publiques » pour justifier cette interdiction généralisée.

En pratique, cela signifie qu’un groupe d’amis discutant stratégie politique dans un salon pourrait être considéré en violation de la décision préfectorale. La mesure étend l’autorité administrative jusqu’à la sphère privée, ce qui suscite des interrogations fondamentales sur la proportionnalité et la légalité de l’acte.

Cette interdiction heurte de plein fouet les libertés d’expression, de réunion et d’association, garanties par la Constitution comorienne. Même dans les contextes les plus sensibles, le droit administratif exige des mesures ciblées, limitées et liées à des faits précis.

Ici, rien de tel. La décision est générale, absolue et dépourvue de tout élément concret. Plusieurs observateurs parlent déjà d’un « excès de pouvoir manifeste ». Des juristes contactés soulignent que l’administration n’a pas compétence pour contrôler les activités politiques menées dans les domiciles privés, sauf en cas de trouble avéré et documenté, ce qui n’est pas démontré dans le document.

Sur les réseaux sociaux, la décision a provoqué un déferlement de réactions. Beaucoup y voient une dérive inquiétante du pouvoir administratif, d’autres ironisent sur un texte qu’ils jugent surréaliste. Plusieurs commentaires comparent la mesure à une tentative de surveillance domestique, tandis que certains responsables politiques y voient le signe d’une crispation du pouvoir face au débat public.

Les critiques se rejoignent sur un point : l’idée même d’interdire des discussions politiques dans les maisons est perçue comme une intrusion inacceptable dans la vie privée des citoyens.

Cette affaire intervient dans un contexte où les manifestations et rassemblements politiques sont souvent encadrés, voire empêchés. L’interdiction des réunions privées est perçue comme un pas supplémentaire vers un verrouillage du débat public.

Pour plusieurs acteurs de la société civile, cette décision représente un précédent dangereux. Ils s’interrogent sur ce qu’elle pourrait annoncer pour les prochains mois, à l’approche d’échéances majeures pour le pays.

La décision du préfet, authentique ou non, appelle des explications urgentes. Le ministère de l’Intérieur est attendu pour clarifier la légalité et la portée réelle du texte. Sans réponse officielle, l’affaire risque d’alimenter un sentiment d’arbitraire et de méfiance envers les institutions.

Ce document révèle en tout cas une tension croissante autour des libertés publiques aux Comores, et soulève une question fondamentale : jusqu’où peut aller l’administration dans la régulation de la vie politique, et que reste-t-il de l’espace privé si l’on ne peut plus y parler librement ?

ANTUF Chaharane

 

 

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

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