Une vidéo publiée ces dernières heures par le docteur Ahmed Abdou, médecin généraliste exerçant à Pamandzi (Mayotte), soulève une vive polémique. Il y dénonce un acte grave d’abus de pouvoir impliquant son frère cadet, le colonel Bastu, haut officier de l’armée comorienne.
Selon ses déclarations, le colonel aurait mobilisé des gendarmes pour intervenir dans une affaire strictement privée, sans aucune autorisation du parquet, sans décision judiciaire, et hors de tout cadre légal. Une intervention qui aurait, de surcroît, traumatisé la fille du docteur, également nièce directe de l’officier mis en cause.
Un différend familial transformé en opération de force
L’origine du conflit relève d’un litige familial concernant la gestion d’une station-service, déjà porté devant le tribunal de Moroni. À cela se serait ajouté un désaccord autour d’un véhicule, impliquant un autre frère, Faïssoil, employé à la Banque Centrale.
Pour le docteur Ahmed Abdou, rien absolument rien ne justifiait qu’un colonel fasse intervenir des gendarmes dans ce type d’affaire. Dans sa vidéo, il affirme que des agents en uniforme sont entrés de façon musclée dans la maison, terrorisant sa fille et un bébé qu’elle tenait dans ses bras, alors qu’il ne s’agissait que d’un différend privé ne relevant en aucun cas de l’armée ni de la gendarmerie.
Une dérive qui menace l’État de droit
Pour un média engagé contre les injustices, le point central n’est pas la querelle familiale elle-même, mais la dérive institutionnelle qu’elle révèle.
Aux Comores, comme partout dans un État de droit, les forces armées et la gendarmerie ne peuvent intervenir :
- que sur ordre du procureur,
- dans le cadre d’une procédure judiciaire,
- et jamais pour régler des affaires personnelles.
Si les faits sont confirmés, ils constitueraient :
- un abus d’autorité d’un officier supérieur,
- une utilisation illégale des moyens de l’État,
- et une mise en danger de personnes, dont une enfant.
Quand certains responsables mettent la justice de côté
Ce cas n’est malheureusement pas isolé. De plus en plus de citoyens dénoncent des interventions intempestives d’officiers, gendarmes ou même magistrats dans des litiges privés, souvent au profit de leurs proches, en contournant les procédures légales.


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