Hier, le Directeur de Cabinet du Président de l’Union des Comores, chargé de la Défense, Youssoufa Mohamed Ali, a accueilli le Général de Corps d’Armée André Petillot, Major-général de la Gendarmerie Nationale Française, lors de sa visite officielle aux Comores. Cet événement a été marqué par la remise de la Médaille de Mérite Militaire au général Pétillot, une reconnaissance de l’engagement des forces françaises dans la coopération militaire avec les Comores.
Cette visite s’inscrit dans un cadre de renforcement des relations militaires entre les deux pays, avec des échanges portant sur la formation des officiers comoriens, la lutte contre les flux migratoires et les trafics, ainsi que sur des thématiques liées à la gestion démocratique des foules et à l’amélioration des capacités en matière de santé militaire et de protection civile.
Cependant, la présence de gendarmes étrangers, en particulier français, suscite souvent une grande méfiance au sein de l’opinion publique comorienne. Chaque apparition de soldats français sur le sol comorien, que ce soit lors de cérémonies de coopération ou de rencontres officielles, ravive un sentiment de malaise profond. Cette image est fortement associée à la période coloniale, une histoire douloureuse pour les Comores, et nourrit une suspicion persistante selon laquelle la France continuerait d’exercer une influence considérable sur le pays, notamment à travers des présidents accusés de ne faire que semblant de gouverner.
Ainsi, malgré les déclarations officielles sur le renforcement des relations bilatérales et l’amélioration des capacités militaires, une partie de la population reste convaincue que cette coopération dissimule une tutelle française qui perdure dans les coulisses du pouvoir comorien. La question de la souveraineté des Comores reste donc, à chaque nouvelle visite, au cœur des préoccupations des citoyens.
Saïd Hassan Oumouri


Réagissez à cet article