Lors de sa visite à Mayotte, le président Emmanuel Macron a été confronté à une réalité alarmante concernant les bidonvilles de l’île. Interpellé par la députée Estelle Youssoupha sur les conditions déplorables dans ces quartiers informels où vivent plus de 100 000 personnes, le chef de l’État a posé une question simple mais révélatrice : « Est-ce qu’il y a eu de l’aide là-bas ou pas ? ».
La réponse du préfet, présent à ses côtés, a été claire et troublante : « Non, pas encore. » Cette déclaration officielle, devant les caméras, confirme que, depuis le début de la crise le 14 décembre, aucun secours n’a été envoyé dans ces zones précaires.
Ces révélations soulèvent une vive indignation parmi les habitants de Mayotte, en particulier ceux des bidonvilles, qui se sentent abandonnés. Certains dénoncent une gestion discriminatoire des secours, perçue comme privilégiant les zones résidentielles plus aisées ou les infrastructures destinées aux fonctionnaires et militaires venus de la métropole.
Pour de nombreux Mahorais et Comoriens vivant dans ces quartiers, cet aveu vient briser l’idée que la solidarité nationale s’étendrait équitablement à tous. Ce sentiment d’abandon est aggravé par l’inaction des autorités comoriennes, alors que la majorité des habitants de ces bidonvilles sont des ressortissants des autres îles de l’archipel.
Le président comorien Azali Assoumani est également pointé du doigt : pourquoi son gouvernement ne prend-il pas des mesures pour soutenir ses ressortissants dans ces conditions dramatiques ?
Cette crise met en lumière une fracture sociale criante à Mayotte et appelle à des actions urgentes de la part de l’État français et des autorités comoriennes pour répondre à cette situation humanitaire intenable.
SAID HASSANE Oumouri


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