La polémique autour de l’état de santé de l’ancien président des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, prend une nouvelle dimension après les déclarations particulièrement graves de sa fille, avocate en France, à la suite de la conférence de presse organisée par le parquet.
Selon Maître Sambi, la contre-expertise médicale réalisée à la demande des autorités comoriennes elles-mêmes conclut que son père souffre d’une ischémie cardiaque et présente un « haut risque cardiovasculaire ». Cette expertise aurait été menée par un collège de cinq médecins, dont plusieurs spécialistes mandatés par les autorités.
D’après le rapport médical révélé ces derniers jours, les experts recommandent la réalisation rapide d’une coronarographie, un examen permettant d’explorer les artères du cœur. Or, selon les informations publiées, cet examen ne serait pas disponible aux Comores.
Face aux déclarations du parquet minimisant la gravité de l’état de santé de l’ancien chef de l’État, Maître Sambi s’est dite « complètement abasourdie ». Elle affirme qu’un médecin n’ayant pas participé à la contre-expertise ni examiné personnellement son père est venu contredire les conclusions des spécialistes ayant signé le rapport.
Dans des propos particulièrement accusateurs, elle estime que « les autorités comoriennes viennent de condamner Sambi à mort, une mort à petit feu », affirmant que l’État sera « entièrement responsable » de ce qui pourrait lui arriver.
La fille de l’ancien président juge également « incompréhensible » que les autorités remettent en cause une expertise qu’elles ont elles-mêmes commandée et suivie. Selon elle, le dossier dépasse désormais le cadre politique et relève du droit fondamental à la vie et à l’accès aux soins.
Cette nouvelle sortie intervient dans un contexte déjà très tendu. Depuis plusieurs semaines, des versions contradictoires s’affrontent publiquement. D’un côté, le parquet a affirmé que l’ancien président ne se trouvait pas dans une situation critique engageant son pronostic vital. De l’autre, son médecin personnel, le Dr Toufail Houmadi Charif, ainsi que plusieurs rapports médicaux relayés dans la presse, évoquent une dégradation importante de son état de santé et la nécessité d’examens spécialisés.
Le rapport final de la contre-expertise, révélé récemment, mentionne notamment une ischémie cardiaque, un risque cardiovasculaire élevé et la nécessité d’examens complémentaires qui ne peuvent être réalisés dans l’archipel.
Alors que l’ancien président est détenu depuis 2018, la question qui domine désormais le débat public est simple : les autorités accepteront-elles une évacuation sanitaire à l’étranger si les examens recommandés par les spécialistes ne peuvent effectivement pas être réalisés aux Comores ?
ANTUF Chaharane


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