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Le CNT saisit le conseil de sécurité de l’ONU

Le conseil national de transition met les bouchées doubles pour traquer sans relâche le gouvernement Azali dans les instances internationales. Après l’Union Africaine, l’Union Européenne et la justice française, c’est auprès des Nations Unies, notamment au Conseil de sécurité que le CNT dépose ses valises diplomatiques. Loin de se contenter d’une simple dénonciation, le CNT demande une intervention des casques bleues ou d’autres forces pour maintenir la paix aux Comores.

Dans un courrier d’une dizaine de pages que Comores Infos s’est procuré une copie, le conseil national de transition demande solennellement au président du Conseil de sécurité de bien porter « la question de la crise postélectorale aux Comores et ses conséquences sur l’unité, la stabilité, la paix et la sécurité dans l’archipel des Comores » devant cet organe de l’ONU dont la mission principale est le maintien de la paix et la sécurité dans le monde.

Le CNT estime en effet que l’ouverture d’une enquête sur la situation aux Comores, permettrait de « prévenir et d’éviter une nouvelle crise de sécession et une menace sur l’unité, la stabilité et la sécurité dans notre pays et la stabilité dans notre région, l’océan Indien et en Afrique de l’Est ».

« Depuis la parodie d’élections présidentielles anticipées en mars 2019, organisées après une réforme constitutionnelle très violente et controversée en plus des tortures qui ont fait l’objet de plaintes, en vertu de la Convention de New York sur la torture, déposées à l’étranger, Azali Assoumani a instauré un climat de terreur et de tension aux Comores. Son régime dictatorial fonde son pouvoir sur une stratégie de la peur, de l’arbitraire et de l’impunité », poursuit le signataire de la requête, en l’occurrence le vice-président dudit CNT, Me Said Larifou.

Touts les ingrédients sont versés dans cette requête pour assombrir le maximum possible le tableau sur la situation aux Comores. Il est rappelé que le chef de l’État « bafoue en permanence les valeurs démocratiques, dont les libertés individuelles et publiques : interdiction de manifester, suppression de la liberté d’expression et de la presse, censure et arrestations des journalistes, non-respect des libertés politiques, exil forcé d’opposants, placement en résidence surveillée et emprisonnement sans motif légal d’autres opposants, suppression de la Cour constitutionnelle et de la Justice constitutionnelle, subordination des pouvoirs législatif et judiciaire au pouvoir exécutif, et instrumentalisation de ceux-ci à des fins politiques ».

Rappelons que l’ONU avait déjà dépêché à Moroni une mission d’expertise en juin dernier, soit deux mois après les élections anticipées. Dans son rapport préliminaire sur la torture aux Comores, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Monsieur Nils Melzer précise avoir « suspendu sa visite officielle aux Comores », regrettant n’avoir « pas été en mesure d’accéder à toutes les personnes privées de leur liberté », comme nécessaire pour l’accomplissement de son mandat. « Cela est d’autant plus préoccupant du fait que j’avais reçu plusieurs allégations crédibles d’intimidation, de mauvais traitements et de recours excessif à la force de la part de la gendarmerie ».

Dans la même requête le CNT dresse deux listes de victimes : la première composée de 7 « assassinats politiques », la seconde de 46 « prisonniers politiques ». « Depuis le dernier coup d’État électoral commis par lui le 24 mars dernier, des actes criminels et des mouvements et organisations politiques sécessionnistes et à vocation insulaire ont fait leur apparition sur le paysage sociopolitique comorien et se développent particulièrement dans les Iles d’Anjouan et de Mohéli »

Ce problème, comme le note le CNT, est lié à une situation risquant de mettre en danger la paix, la stabilité, la sécurité de notre pays, qui est exposé à un risque élevé de sécession et à une menace à l’intégrité du territoire et l’unité de notre pays. Cela, aux yeux du CNT, « justifie toute action que pourrait engager le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour intervenir aux Comores » en vertu de l’alinéa 2 de l’article 35 de la Charte.

Des requêtes similaires ont été adressées à l’Union Africaine. Selon un haut fonctionnaire de cette organisation panafricaine, « la situation à Moroni ne permet pas à la communauté internationale d’user de son droit d’ingérence et déclencher une intervention ». Autrement dit, si brutalité et violation multiples de l’État de droit il y en a et que personne n’en disconvient, les vies humaines ne sont pas menacées pour autant comme au Yémen, en Syrie ou encore au Burundi. Mais aussi, l’inaction de la population locale constitue un élément dissuasif aux yeux de la fameuse communauté internationale dont la France, sur qui, pourtant, compte l’opposition.

En 2016, une maman a déposé une importante quantité d’or à La Meck Moroni en garantie d’un prêt. Après avoir intégralement remboursé ce prêt, l’or aurait dû lui être restitué, mais il a été volé. L’institution a reconnu sa responsabilité, mais depuis, elle garde un silence troublant. Aucun geste de réparation n’a été fait. Méfiez-vous : cette structure n’est pas digne de confiance.

1 commentaire sur Le CNT saisit le conseil de sécurité de l’ONU

  1. Détrompez-vous,tout ceci n’est qu’une publicité pour tenter de persuader les partisans que la CNT est active. Bien que n’importe qui pet saisir ces organizations, les Leaders de ce groupe doit savoir qu’aucune resolution/decision ne sera prise a leur faveur. Et si SMS n’a pas compris cela, je me demande qu’est-ce qu’il faisait a New-york

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