Alors que les élections législatives et communales approchent, le débat au sein de l’opposition reste houleux et non résolu. La même scène semble se rejouer à chaque échéance électorale : participation ou boycott ? Comme lors de la dernière présidentielle, l’opposition est profondément divisée, sans position claire à l’horizon.
Mouigni Baraka Said Soilihi, ancien candidat à la présidentielle de janvier 2024, conditionne la participation de l’opposition à la capacité de sécuriser les élections. Pour l’ex-gouverneur de Ngazidja (2011-2016), l’unité de l’opposition est cruciale. Selon lui, « l’opposition est condamnée à s’unir et à dépasser les querelles inutiles », mais il précise que cette opinion n’engage que lui pour le moment.
De son côté, Aboudou Soefo, un autre acteur de la scène politique, adopte une attitude plus prudente. Il affirme qu’une décision commune du collectif des cinq candidats à la présidentielle sera annoncée sous peu. Toutefois, il ne ferme pas la porte à une position globale de l’opposition. Selon lui, « un travail est en cours » en interne, laissant entendre que des discussions se poursuivent en coulisse.
Pendant ce temps, certains leaders, tels que Bourhane Hamidou et Salim Issa Abdallah, gardent le silence. Cependant, Daoud Abdallah Mohamed, ancien chef de la police et candidat malheureux à la présidentielle, insiste sur la nécessité de clarifier les événements de la dernière élection présidentielle. Il dénonce un « forcing anti-démocratique » orchestré par le président Azali Assoumani et rappelle qu’il a introduit un recours pour annuler les résultats, toujours en attente d’examen. Pour Daoud Abdallah Mohamed, pas de participation possible sans un dialogue constructif et une clarification des irrégularités passées.
L’opposition reste donc, une fois encore, dans l’incertitude et la division, hésitant entre une participation sous conditions ou un nouveau boycott. La scène politique comorienne semble figée dans un cycle où, à chaque élection, les mêmes débats ressurgissent, les mêmes tensions persistent, et l’opposition peine à trouver une voie commune. Quant aux électeurs, ils devront bientôt décider si cette éternelle danse politique mérite encore leur confiance.
ANTUF Chaharane


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