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Me Fahmi estime les poursuites «excessives»

Suite à la sortie médiatique du procureur général, Me Fahmi Said Ibrahim, avocat au barreau de Moroni a tenu à réagir. Il estime qu’il eut été plus responsable de la part du procureur général de déplorer les propos malheureux de Me Idriss sans pour autant chercher du petit dans le tribunal.

Alors qu’ils voulaient tenir un sit-in silencieux pour contester la mesure prise à l’encontre de Me Idriss, les avocats du barreau de Moroni ont été refoulés par les forces de l’ordre de l’enceinte du palais de justice. Et le procureur de la République a remis une couche dans cette affaire en montrant que le sit-in pourrait compromettre le fonctionnement régulier administratif et judicaire et défavorable aux usages de la justice. Une décision qui n’est pas passé auprès des avocats. Pour Me Fahmi Said Ibrahim, le sit-in était une manière de manifester leur mécontentement dû à une décision prise par les chefs de juridictions. « Pour tous les avocats, cette décision est une voie de fait en ce sens qu’elle n’est susceptible d’être rattachée à aucun texte de droit. Or n’étant pas une décision judiciaire, elle ne pouvait être qu’une décision administrative. Que dès lors, quand une administration prend un acte administratif unilatéral, cet acte doit se baser sur un texte de droit. Dans le cas d’espèce, c’est un acte administratif, il est incontestable. Sauf que cet acte est manifestement illégal. Ce matin le barreau de Moroni a saisi le tribunal administratif pour son annulation mais dans l’urgence, il a demandé à ce qu’il plaise au tribunal de suspendre cette décision qui est manifestement illégale », explique-t-il, tout en montrant qu’ils n’avaient perturbé aucunement l’administration.

En conférence de presse, le procureur général a annoncé qu’ils ont saisi le conseil de discipline sur ce sujet mais aussi ont saisi le bâtonnier pour avis de poursuite au pénal pour des propos diffamatoires et des injures publiques et outrage à magistrat. Mais Me Fahmi estime que ces poursuites sont excessives. « Me Idriss a été excédé par l’attitude du parquetier présent ce jour. Il a stoppé sa plaidoirie, qui est extrêmement rare et a quitté la salle. C’est en partant lorsqu’il a été interrogé par des journalistes qu’il a tenu ses propos malheureux. Que maintenant, ils veulent se baser sur ces propos pour le poursuivre pénalement, ils ont parfaitement le droit. Mais les avocats constitués par Idriss et le barreau vont sans doute aussi défendre pour montrer que l’intention coupable fait défaut. Parce qu’étant excédé et ayant agi dans la colère, il y a des larges circonstances atténuantes. Donc le poursuivre pénalement, ca ne va pas dans le sens de l’apaisement », souligne-t-il. Et d’ajouter : « Quelle a été l’utilité de prendre un acte administratif alors que ils allaient suivre la procédure régulière en saisissant le barreau et en engageant cette procédure pénale. Assez étonnante ».

Et le chef du parquet général a encore envenimé la situation. Selon lui, si petit il y en a au tribunal, c’est peut être les avocats. Des propos jugés inquiétants pat cet avocat au barreau de Moroni. « Personnellement, je regrette que le procureur général ait tenu ses propos qui ne font qu’envenimer les choses et la relation entre avocat et magistrat. Je pense qu’il eut été plus responsable s’il avait remis les choses dans le contexte, déplorer les propos malheureux de notre jeune confrère sans pour autant chercher du petit dans le tribunal. Je trouve ça dommage », avance-t-il, avant dire que « il est difficile d’excuser une conférence de presse préparée et préméditée. Donc il mesurait ce qu’il allait dire et venir dans la presse dire cela, me semble inquiétant ».

Pour rappel, le conseil de l’ordre du barreau de Moroni refuse de recevoir une requête émanant du parquet général près la Cour d’appel de Moroni, demandant de statuer sur le cas de Me Idriss Mze Mogni, interdit d’exercer après avoir traité le procureur de la République de « petit procureur ». Le Conseil pose un préalable pour recevoir la requête, seulement sur la levée des sanctions qui pèsent sur Me Idriss, privé de plaidoirie jusqu’à nouvel ordre.

Andjouza Abouheir / LGDC

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